Encrier 87

Texte de S. lu en atelier au Musée Adrien Dubouché: Kachina 4

Texte de S. lu en atelier au Musée Adrien Dubouché: Kachina 4

Je lève les bras, je m'étire, je sautille : entends-moi, entends mon souffle, mon aspiration, entends-moi, mes maux, Regarde-moi, je prends mon envol, je décolle, saute à pieds joints, toujours plus haut, là-bas. Regarde...

Je lève les bras, je veux du blanc, de l'innocence, de la pureté, je veux aussi des couleurs, du rouge, du feu, des brûlures, je veux tout et son contraire, le çà et le surmoi.

Je lève les bras, je veux qu'hier regarde demain, je veux des mains pour attraper mes bras, des bras pour caresser mon front, un étendard pour vous dire : « je suis là ».

Mon utopie devenue réalité.

J'ai été façonnée, désirée, inspirée, Je suis enviée, admirée, déshabillée. Je suis un petit peu de ci, quelques pincées de ça, trop ronde, insuffisamment filiforme. Vous me voyez, me touchez avec vos yeux.

Je vous observe, vous vois, cachée derrière les stries badigeonnées de noir, Je vous souris ou vous tire la langue.

Epuisée je le suis, les bras levés à longueur de journée. Je m'étire : je me répète, mon vocabulaire s'appauvrit, je suis la quatrième de la fratrie, un peu comme les autres, mais pas tout à fait.

Je suis l'unique pour être toi, toi qui me dévisages, me mets à nue : me voilà donc dénudée, enserrée entre tes doigts, je pars avec toi, dans ta vie, nos sangs emmêlés, nos ADN mélangés, nos corps enchâssés, ma main dans la tienne, tu me souffles ma liberté. Kachina4.jpg