Encrier 87

Textes de 2020 Texte du 25 mars de Daniel Diner : 4e épisode de Sänz-Ôs

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4e épisode

...Elles surent leur fin inéluctable avant même que l'incube ne se saissise de l'une d'elles. En acceptant, d'avance, le sacrifice lascif la première savait qu'elle allait, d'autant, retarder l'issue fatale de l'autre, de l'amie... L'étreinte puissante laissa la jeune femme hagarde. Livrée définitivement au désir du diable velu elle s'asphyxia dans ses remugles sauvages . . .

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  Seule la Trabant fatiguée, perdue dans ce neigeux et infernal hiver, attesterait plus tard, par sa présence bizarre, du passage de ces deux jeunes vies égarées. Enlevées par l'exécuteur 'SänzÖs' venu de l'Erébus.

Jamais les recherches ne livrèrent d'indices...Les militaires en exercice dans ce paysage ne remarquèrent rien de bizarre et d'inhabituel...Les empreintes diverses avaient disparues, dissimulées par les chutes de neige . Une neige qui cachait les éléments d'un drame survenu ici; seule la tranchée en haut d'un talus aurait pu laisse imaginer qu'il y avait là, peut-être, l'entrée d'un univers inhumain, inaccessible, inexpugnable. Mais les mercenaires casqués et leurs chefs manquaient de cet esprit imaginatif si nécessaire. Ils passèrent leur chemin, reprirent leur marche, indifférents, pressés d'arriver à leur campement  afin de servir leur  "Géniul din Karpaten" . . . La Trabant  fut tractée par le véhicule du capitaine. Elle atteignit le village à l'abri, disaient les gens, des influences sataniques...Mais ce calme n'était-il qu'apparent ? Qui aurait pu en juger ? Qui savait ? Quel ancien parlerait ?     Grâce aux renseignements de l'armée transmis aux gendarmeries des lieux de résidence des familles, celles-ci vinrent  des semaines plus tard, espérant qu'Héléna et Irina reviennent enfin... Rien ne rappelait le passage de leurs filles, plus une trace, pas un seul détail visible dans ce paysage reverdi par un printemps tardif dans ces altitudes perdues. Pères et mères attendaient depuis assez de temps, elles perdirent le peu de patience qui leur restait...

Héléna et Irina avaient disparues dans un néant sans début ni fin, un espace sans limites discernables.

En repartant les parents en pleurs s'arrêtèrent au village de la vallée. A l'auberge ce fut un mutisme effrayé, seul un prêtre barbu, de rite melkite, sale,  à barbe et chevelure hirsutes, sembla décidé à leur parler des légendes que les habitants répétaient, ici, depuis des siècles;  transmises, à bas bruit, de père en fils et, de mère en filles...

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   à suivre...

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