Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Boris Gamaleya (1930- ): Mondo sono

Écoutez Boris Gamaleya

(Enregistré à la Plaine des Palmistes (île de la Réunion) le 9 avril 2004)

Mondo sono

L’aiguille force les ondes courtes jusque dans leurs petits serrés. Elle nasille, fait la grosse mouche énervée (ou la mozarelle râpée) s’emberlificote dans des bouchons de hoquets, tronçonne d’hétéroclites collisions, tombe sur l’Imaginary Landscape n° 4 pour douze postes de radio de John Cage, trébuche, déraille, se reprend . . .  Enfin comme un ange qui aurait délaissé la voile du Trisagion pour le parapente, elle descend apaisée et s’arrête subjuguée. Du fond de quelque Circassie, une voix s’élève:

 . . . proschaï . . . poïmi . . . prosti . . .

(adieux . . . comprends . . . pardonne . . . )

Bien sûr!

L’étoile de la Sourate peuple les pentes de coqs d’anthologie.

Ne pars pas et que l’œuvre dans son meilleur trait se renouvelle. ............

oi oi

fond halluciné d'un quartier chaud

un rire

et tout se brise

Stridence ondulante d'une vieille canalisation dans la salle de bains d'un lêve-tôt.

Au petit jour, la tondeuse du voisin . . .

Le ciel est clair et pourtant l’esprit glisse sur une pente savonneuse. Et l’aiguille n’a pas tout dit . . . fa sol la do ré fa . . . le papillon dansant redevient chenillette . . . tali-tata . . . au théâtre des étoiles chante encore Nusrat Fateh Ali Khan .

Ce poème « Mondo sono » de Boris Gamaleya est extrait de son recueil Piton la nuit (Saint-Denis: Éditions du Tramail/ILA, 1992), pages 66-67

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