Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Jean-Paul de Dadelsen (1913-1957) : Dépassé , provisoirement

DÉPASSÉ. PROVISOIREMENT

« Sombre. Mais l’espace plus vaste.

Moins de gens. Le sentier dans l’obscurité

mène-t-il vers une solitude plus vraie ?

Peut-être est-ce à cet âge, en ce lieu, ici

que se partagent les routes.

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Sombres heures, journées, semaines. Ainsi

dans la plaine de ton enfance, les eaux très lisses,

très silencieuses. Et noires. Le cœur

s’est lassé de courir. À pas plus lents,

À pas presque égaux, ce cœur

nous entraîne sans bruit vers l’ampleur de la nuit.

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Il ne désire plus. Ne gambade plus. Ne se cabre plus.

Mais à voix basse, dans la brise obscure, il chante encore.

Lente chanson linéaire, horizontale,

sans grincements, sans grimaces, sans cris.

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Il est temps de dormir. Faut-il présentement

attendre le retour d’une aube plus mûre

pour un travail plus régulier ?

Ou faut-il déjà, faut-il vraiment, faut-il

descendre vers les rives de la grande eau souterraine ?

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