Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Jules Supervielle : Haut ciel

Haut ciel

A Paul Morand

S'ouvre le ciel touffu du milieu de la nuit

Qui roule du silence

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Défendant aux étoiles de pousser un seul cri

Dans le vertige de leur éternelle naissance»

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De soi-même prisonnières

Elles brûlent une lumière

Qui les attache, les délivre

Et les rattache sans merci.

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Elles refoulent dans les siècles

L'impatience originelle

Qu'on reconnaît légèrement

A quelque petit cillement.

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Le ciel de noires violettes

Répand une odeur d'infini

Et va chercher dans leur poussière

Les soleils que la mort bannit

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Une ombre longue approche et hume

Les astres de son museau de brume.

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On devine l'ahan des galériens du ciel

Tapis parmi les rames d'un navire sans âge

Qui laisse en l'air un murmure de coquillage

Et navigue sans but dans la nuit éternelle,

Dans la nuit sans escales, sans rampes ni statues,

Sans la douceur de l'avenir

Qui nous frôle de ses plumes

Et nous défend de mourir.

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Le navire s'éloigne derrière de hautes roches de ténèbres,

Les étoiles restent seules contractées au fond de leur fièvre

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Avec leur aveu dans la gorge

Et l'horreur de ne pouvoir

Imaginer une rose

Dans leur mémoire qui brûle

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