Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Villon : Le Testament (extraits)

Écoutez Félix Leclerc

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Hé ! Dieu, si j'eusse étudié

Ou temps de ma jeunesse folle,

Et a bonnes mœurs dédié,

J'eusse maison et couche molle.

Mais quoi? je fuyoië l'école,

Comme fait le mauvais enfant.

En écrivant cette parole

A peu que le cœur ne me fend

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Ou sont les gracieux gallants

Que je suivoie au temps jadis,

Si bien chantants, si bien parlants,

Si plaisants en faits et en dits?

Les aucuns sont morts et roidis,

D'eux n'est il plus rien maintenant:

Repos aient en Paradis,

Et Dieu sauve le remenant (*)!                       (*) le reste

. 40

Et meure Paris ou Hélène,

Quiconque meurt, meurt à douleur

Telle qu'il perd vent et haleine;

Son fiel se crève sur son cœur,

(Puis sue, Dieu sait quelle sueur!

Et n'est qui de ses maux l'allège:

Car enfant n'a, frère ne sœur

Qui lors vousit être son pleige (*).  )           (*) caution

  41

(La mort le fait frémir, pâlir,

Le nez courber, les veines tendre,

Le col enfler, la chair mollir,

Jointes (*) et nerfs croître et étendre.

            (*) articulations )

Corps fémenin, qui tant es tendre,

Poly, souef (*), si précieux,                                (*) suave, doux

Te faudra il ces maux attendre?

Oui, ou tout vif aller ès cieux.

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