XV - Coupure de presse
Dans son dernier ouvrage, rédigé avec le manque de talent qui lui est familier, le polygraphe Y, à qui nous devons déjà tant de fonds de tiroir, s’est appliqué à ne mettre en scène que des quidams incertains, mal dessinés et s'agitant dans un univers fumeux et inintelligible. L'absence d'intrigue se traîne autour du départ, par un moyen de transport indéterminé, du non-héros de cette non-histoire. Un second particulier, qui pourrait être le narrateur, s'efforce de s'immiscer dans son entreprise, mais pourquoi donc ? Pour l'empêcher de déguerpir en lui cherchant querelle ? Rien n'est moins sûr. Dans un une dernière partie, un type à l'allure mal définie (toujours ce style impressionniste !), mais qui ressemble assez au premier individu, à l'air de revenir dans son pays natal, sans tenir compte des conseils, au reste pitoyables, qu'un faux ami, à la mise négligée, lui susurre à propos d'un veau gras. Le tout donne un navrant sottisier que le polygraphe Y a bâclé avec un manche de porte-plume, et cette grossière insuffisance qui nous surprend toujours, depuis une bonne trentaine d'années déjà.
Jacques Bens









