
Portrait de Clément Marot par Corneille de Lyon (vers 1536)
« La plupart des portraits de Marot datent d'après sa mort, et sont donc fantaisistes. Seuls font exceptions les portraits de Corneille de Lyon et par le peintre de l'école vénitienne parfois identifier avec Moroni.
En effet Corneille de la Haie dit Corneille de Lyon était établi comme peintre dans cette ville dès 1533. Or, c'est au mois de décembre 1536 que Marot à son retour d'exil, passa quelques semaines à Lyon, et dut « abjurer ses erreurs ». Il fut fêter par la société lyonnaise, comme le montre son poème l'Adieu à la ville de Lyon et un poème que lui adressa le poèie lyonnais Eustorg de Beaulieu. Il est infiniment probable que c'est à ce moment que Corneille de Lyon exécuta ce portrait. Ce peintre était célèbre à l'époque —Eustorg de Beaulieu et Brantôme nous l’assurent—, pour représenter au vif les traits de ses sujets. »
Extrait de la page 18 de Clément Marot Collection Poètes d’hier et d’aujourd’hui, No16- Seghers
Écoutez Jean Vasca
De soy-même
Plus ne suis ce que j'ai été,
Et plus ne saurais jamais l'être ;
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre :
Amour qui as été mon maître :
Je t'ai servi sur tous les dieux.
Ah si je pouvais deux fois naître,
Comment je te servirais mieux !
Plus ne suis ce que j’ay esté,
Et ne le sçaurois jamais estre.
Mon beau printemps, et mon esté,
Ont faict le sault par la fenestre.
Amour, tu as esté mon maistre,
Je t’ay servy sur tous les dieux.
O, si je povois deux fois naistre,
Comment je te serviroys mieulx !




