Association Encrier - Poésies

Rencontre avec divers poètes rencontre avec Eugenio de andrade : Le sourire

Creio que foi o sorriso

O sorriso foi quem abriu a porta.


Era um sorriso com muita luz


lá dentro apetecia


entrar nele tirar a roupa ficar


nu dentro daquele sorriso.


Correr, navegar, morrer naquele sorriso.


Je crois que ce fut le sourire,


le sourire, lui, qui ouvrit la porte.


C’était un sourire avec beaucoup de lumière


à l’intérieur, il me plaisait


d’y entrer, de me dévêtir, de rester


nu à l’intérieur de ce sourire.


Courir, naviguer, mourir dans ce sourire.

Eugenio de Andrade, L’autre nom de la terre, Traduit du portugais par Michel Chandeigne et Nicole Segados, Éditions de la Différence, 1990.