Toi qui n'es nulle part, je te cherche partout;
Soleil, prairie, nuage, lac, cent paysages
Sont ta robe et toujours est montrée ton image
Par l'univers qui la reprend, mais, n'importe où,
Mes yeux errent, vers toi me mènent tout à coup,
Lorsque des clairs-obscurs, des cithares sauvages
S'entrouvrent sur ta voix, ta bouche, ton visage,
Les jeux discrets de la lumière sur ton cou.
Je te vois et je ne te vois pas; dans la joie
J'entends ton nom: c'est l'écho que tu me renvoies,
Mais je te perds et te reperds à chaque instant.
J'écoute tout, je m'ouvre aux étoiles lointaines,
Moi, ton persécuteur; écrasé cependant,
Je me renferme dans ta tombe, dans moi-même.
Lőrinc Szabó

