Encrier 87

Textes de Daniel de 2022 Texte de Daniel -14 avril : Une vie ne vaut rien, mais...

Une vie ne vaut rien, mais...

"L'errance mentale avait cessé comme ça, un jour, quand ? Impossible à déterminer mais à coup sur cela faisait des années et des années; peut-être le jour ou, en posant un roman minimaliste de Philippe Delerm, lui était venue à l'esprit cette formule, qui le prenait et le peinait : "...vieux trop tôt...conscient trop tard...". Devant un tel constat que faire ? Admettre que la vie s'écoule comme la neige vole dans les vents capricieux, impalpable, belle , insaisissable comme le sont les songes que l'on fait dans le demi-sommeil du coucher ou celui des aubes indécises..."

Il est une expérience qui fait poindre une lueur de vertige spirituel...Se rendre nuitamment dans la bibliothèque, ensuite, sans lumière, tendre la main et saisir un livre, lequel ? On ne sait, saisir un livre voilà tout. Et, revenu à la lumière, l'ouvrir au hasard, comme ça...on y trouve des phrases, une phrase ou quelques mots qui vont induire un rêve éveillé... "s'envoler sur les ailes du désir et survoler, lentement, langoureusement les oasis du plaisir..." Et revenir, bien trop vite, aux îles de la solitude...peut-être aurait-il fallu, d'abord, à tout prix, retrouver le désir... l'envie d'être en vie, avant d'être à nouveau solitaire...la solitude...la solitude, tel le sillage que laisse un navire venant du passé qui cingle vers l'avenir au grand largue...elle nous accompagne, on s'y habitue, elle nous fait cortège ... Que faire à bord d'un navire sans capitaine sur la passerelle ? se tenir à l'arrière et contempler une vie qui se perd...ou bien, comme Kate et Léo à l'avant du Titanic, affronter une vie qui arrive dans le fracas d'une montagne glacée comme la mort . Pour fuir la solitude fallait-il sauter dans une chaloupe, se sauver en prenant une route nouvelle, prometteuse ? Prendre des risques , se jeter dans un inconnu fascinant et aller à la rencontre de ceux et celles qui nous attendent sans le savoir, plus loin, là-bas et espérer des aventures avec des lendemains ensoleillés... Espérer, en l'imaginant, une belle journée toute faite de blancheur virginale... Les cyniques disent qu'une vie ne vaut rien...mais les autres (Nous...) savent que rien ne vaut la vie ! Voilà tout le dilemme, il nous est posé. Choisir ou ne pas choisir, décider ou reculer, saisir une occasion, une chance...la marche est une succession de pertes d'équilibre dit-on, cette image nous laisse croire que vivre serait de passer d'une erreur à une autre... l'erreur est là, toujours, et a portée de chacun de nous, c'est la répétition de l'erreur qui, devenant faute, nous trouble, nous chagrine...

La vie apparut sur Terre il y a, environ, 4 milliards d'années. C'est dans les mers que les acides aminées et les protéines se mélangèrent et ce fut le départ du vivant. Dans les eaux chaudes apparurent de minuscules algues bleues, encore présentes, et ensuite tout se mit en marche et...quelques milliards d'années plus tard 'Nous' sommes là ! Notre vie est semblable à une éternelle navigation réelle ou en songes...Certains s'y perdront, d'autres saisiront ce qu'ils croient être leur chance et quelque uns aborderont sur les rivages où ils trouveront, peut-être, la fin de leur solitude comme lorsque l'on sort d'un sommeil sans issue mais peuplé de rêves...

Vous, il vous aura fallu souquer ferme, vous battre avec les éléments, encalminés ou secoués, lire une boussole affolée et qui ment...Vous êtes sur la Mer du couchant, changez de cap et ramez vers l'horizon premier, celui du départ. Atterrissez quelque part sur une de ces longues plages de sable et gravissez la plus haute dune, marchez vers le Levant résolument. Vous verrez des bourgs, traverserez des villages, des forêts, vous marcherez et puis, un jour, au pays des châtaignIers, là où l'on dit "chabatz d'entrar", écoutez ! vous saurez ! Alors demandez, dans cette grande ville, on vous dira où vous présenter un matin de sabbat... Compagnons et compagnes vous attendent, iels vous accueilleront; pour vous, enfin, la solitude sera devenue oubli et vous connaitrez la communion des esprits, le plaisir des échanges, et le bonheur d'écrire, surtout l'écriture ! la spontanée, la gaie, celle qui nait en volutes dans nos esprits, jaillissant de nos doigts impatients et malhabiles mais heureux...la trace de nos vies...

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