Encrier 87

Textes de la 5° semaine de confinement Texte du 15 avril de Martine G. : Je vole

Effacer, gommer, le rêve seul se gomme tout seul. Au réveil, une heure après…


Voler : ce mot m’évoque Anne Catherine Emmerich, visionnaire mystique allemande qui, la nuit, endormie, volait au-dessus de villes et contrées jusqu’aux lieux où vécut le Christ et « voyait » se dérouler la vie de celui-ci alors, exactement comme elle s’est passée.


Puis je vois Birdy dans sa posture d’oiseau prêt à l’envol. Birdy, ce soldat revenu du Viêt Nam et qui, hospitalisé, solitaire, muet, passe des heures et des heures tête levée vers la fenêtre grillagée de sa cellule, à regarder le ciel et rêver de devenir oiseau... (Birdy : Film d’Alan Parker, 1984, à partir du roman de William Wharton)


Et Folon aussi, dont les images, affiches, peintures, illustrations, plus légères quoique parfois étranges ou même un peu inquiétantes, montrent de gros hommes voguant comme ludions dans le ciel, ou des hommes-hirondelles aux ailes effilées, effilées comme des couteaux ou des faux...


Bien sûr ces images ne diront rien à certains car elles furent sur le devant de la scène il y a longtemps et le temps, dira-t-on, a fait son œuvre, les éloignant, les éloignant… mais les détruisant ?


« La vie écrit au crayon, la mort passe la gomme » écrit Christian Bobin toujours si apaisant. Mais, Mr Bobin, je ne suis pas sûre... voyez Anne-Catherine Emmerich... Les gommes peut-être ne font que rendre invisibles et tout nous attend...

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.