Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Jules Supervielle : Oublieuse mémoire (extrait)

Oublieuse mémoire (extrait)

L’oubli me pousse et me contourne

Avec ses pattes de velours,

Il est poussé par le silence

Et l’un de l’autre ils font le tour,

Doucereux étouffeurs d’amour.

On sait toujours à quoi ils pensent

Et c’est aux dépens de nos jours,

Eux qui confondent leurs contours

Et l’un l’autre se recommencent

Pour mieux effilocher nos jours

Jusqu’à l’ultime transparence,

Tout en faisant le cœur plus lourd

Pour presque empêcher son avance.

Voilà, voilà qu’ils l’ont glacé !

C’est leur façon de terrasser.

Oh ! que je tâte cette pierre

Qu’éclaire l’étoile polaire !

La Fable du monde, de Jules Supervielle, Poésie Gallimard, 1987, p. 107

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