Association Encrier - Poésies

Rencontre avec Maurice Blanchard (1890-1960) Rencontre avec Maurice Blanchard : Wir, Dichter !

WIR, DICHTER !

à Bona et André Pieyre de Mandiargues

Dormir dans le froid intense de la plus haute sincérité, dormir au pays des aurores fugitives à peine entrevues, déjà éteintes sous le poids de l'ombre et préférer enfin l'esclavage du chêne à la liberté pourrie que nous infligent nos princes en peau de putois : cela est beau, cela est bien !

J'ai vu cette chênaie encore tapissée de pointes d'acier et de pièges pour enferrer les hommes, et maintenant ce sont les jeunes chênes innombrables et tendres qui ont détruit, digéré cette ferraille immonde, fruit de la peine des hommes, de leur esclavage.

Tout est redevenu comme au premier jour.

Ce printemps, les jeunes loriots viendront jouer sur les tiges flexibles et chanter leur hymne au soleil.

Villacoublay décembre 1954

Maurice Blanchard in D'une tristesse ineffable Page 122 de Les Barricades mystérieuses-Poésies/ Gallimard -1994

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