Encrier 87

Textes de la 2°semaine de confinement Texte de Lilah du 29 mars

Ses enfants se font beaucoup de soucis pour Inès . Ils sont inquiets de la savoir à 85 ans encore dans sa petite maison à étage. Après le confinement , ils lui imposeront la maison de retraite , « pour son bien », évidemment.

A cette pensée Inès est malheureuse ; elle se sent incomprise . On veut la placer au bon endroit et elle ne veut pas, elle, du bon endroit choisi par l’autre. Elle la connaît sa place , c’est celle où elle se sent enveloppée par ces petits riens familiers et qu’elle aime.

En buvant son café ce matin , elle commence comme chaque jour par regarder les oiseaux qu’elle nourrit de graines de tournesol et de boules de saindoux , d’ailleurs elle devra demain aller en acheter au carrefour-market pas loin, même si elle sait qu’elle ne doit pas sortir . Elle va en profiter pour préparer une petite liste pour avoir quelques réserves pour elle ; ainsi , elle portera un sac de chaque côté et ça équilibrera sa marche difficile .

Ce matin , une nuée de moineaux assiègent la mangeoire . Les petites mésanges bleues et les rouges -gorges , trop solitaires attendent avec patience .

Inès est désemparée . On lui a appris à ne pas aimer les moineaux , ils sont laids et chantent mal . Ce matin , le coeur philosophe , Inès désapprend en voyant la vivacité des moineaux : Les pas beaux , les qui n’ont pas la jolie parole ont-ils les mêmes droits que les autres ? Faut -il préférer les plaisants aux autres humains?

Inès en reste là , monte dans sa petite chambre faire son lit , la fenêtre est ouverte . Là bas , à deux maisons de la sienne , elle aperçoit le couple de jeunes et nouveaux voisins sur leur terrasse . Elle ne les connaît pas mais ce matin , de la main , sans réfléchir , elle leur envoie un beau geste en guise de bonjour . Chacun , sans se concerter fait de même et ces sourires invisibles s’échangent .

La journée s’annonce douce !

Non , Inès ne quittera pas sa maison .

Commentaires 1

  • RUSSELOUP

    Mais oui, mais oui.
    Cette maison à étages, ressemblerait presque au labyrinthe de la vie d'Inès.
    Qui saurait lui retirer la valeur des cingles, des contemplations de sa fenêtre ouverte?
    Les lois impies des angoisses inquiètes. Elle appelle à l'amour qui fait avec la peur, Inès.
    Sa raison est écoutée.
    Bien à elle

    RUSSELOUP

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