Encrier 87

Textes des 3°et4° semaines de confinement Texte de Magali L. (jeudi) du 2 avril

  On a tous un côté chat en nous

  Pas un chat dans la rue !

Il est 21 h . La rue est déserte . Les feux brillent d’une circulation qui n’est plus . Tiens , un matou . Pas peur du noir celui là . Derrière les fenêtres , les gens ne sont plus . Les fumeurs fument leur film , en fulminant de la programmation futile , d’une façon fugace , à la manière futile de joindre l’inutile au phénomène …sans fin .

Du moins pour le moment . Pour certains . Pour d’autres c’est l’apothéose névrotique d’un passif lancinant , résurgeant , languinant . D’autres encore trouvent renaissance dans une relation endormie .

Qui suis-je ?

Le regard , l’œil , l’écoute : qui me parle à cette heure ci ? Les animaux sont les acteurs d’une cité en sursis . Un pigeon dormant sur un fil , une mésange virevoltant de de branches en brindilles  .

As-tu vu les traces de ce hérisson sur le chemin; des chiens en free , en style , en roi des chiottes sur les routes , sur les lignes de leur maître , en servant indocile .

Oh je m’égare.

Les moucherons arrivent .

Quelle que soit l’heure , le chat domine :

Discret , à toute heure il se promène,vacille .

Quand il n’apparaît pas au balcon de mes autres voisins , voisines , il rampe , tel un suspect sur les recoins où j’ai domicilié exil

Dix neuf heures , une moustachouille entre un tigré et un presque gris .

L’un dans l’ombre , l’autre illuminé par le soleil se lance délicatement , se rapproche .

L’un longe l’étendoir , l’autre fait le mur . Ils se rejoignent , s’ignorent , se hument et puis ?

Il est 5 heures , mes yeux n’en peuvent plus .

Plus un chant , plus un pleur ; tiens , oh non je vois une souris !

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