Encrier 87

Textes de la 2°semaine de confinement Texte de Magali L.( jeudi) du 28 mars

Enfin la fin de semaine . Léon peut sortir de sa léthargie . Il n’aura pas à craindre les regards furtifs de ses congénères . Le Week end tout est permis . Les sots comme les abrutis peuvent se fondre dans la masse des nantis . Rien à craindre . Tous idem . Cette nouvelle consigne est désormais acquise . Après des mois de revendication , les castes sont bannies , pour deux jours , entiers , quelle que soit la température . Par chance aujourd’hui , le temps est clément . Les rayons parviennent subversivement à réduire les plis du sommeil sur son visage , qu’il redécouvre , blafard , sec et ridé . Pourtant en rien durant son repos il n’a fait l’économie du silence  . En effet il se rappelle les voies limpides comme peuvent être les voix de l’évidence , une fois le chemin parcouru , une fois les sentiers  défrichés , une fois avoir été tailladé des passages de l’obscurité .

Il se souvient de tout . De presque tout . Ses blessures , ses inepties et ses désirs aussi . Toutes ces heures à dormir debout , à dormir assis à se vautrer du fauteuil au canapé . Toutes les façades de l’hibernation ont révélé son foyer intérieur aux facettes multiples : feu , braise et cendre . Il a tout essayé . Il avait tout essayé pour se taire pour se moudre pour satisfaire . Mais en vain rien en lui n’avait résonné comme autant que de se plaire . Se supporter . Se , être . Juste avant d’être totalement consumé par le siège intégral de la vie , son horloge intérieure avait réagi . Un déclic qui le sauva de la poussière . Un œil qui s’ouvre , puis un autre . Un corps qui s’étire, un cœur qui  traverse  l’absurdité , en cordée avec ce petit truc caché , en apnée avec ses limites , ses pensées , il a , ravigoté les liens de la magie , de la vie .

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