Encrier 87

Textes de la 9° semaine de confinement Textes de Catherine du 4 mai (reçus le 12) : Méthapores saturées

1

C’est quand la lumière s’éteint que la vérité éclate .

C’est comme si on appuyait sur le même bouton pour faire disparaître l’un et faire apparaître l’autre .

C’est comme si tout était plus clair dans le noir .

La lumière est magicienne , elle te laisse croire que tout va s’arranger , que ce n’est pas si grave que ça .

Ton ventre , dans le noir, ne dit pas la même chose : il a peur et le dit tout de suite .

Tout s’enchaîne très vite ; une nuit blanche s’installe ; nuage noir dans ton ciel de lit .

Eh oui t’es bien toute seule ; t’as beau chercher à droite et à gauche , personne , à part des draps qui finissent par t’emprisonner , te serrer.

Des moments de nuit s’émiettent , s’éparpillent comme le ferait une lampe idiote coiffée d’un vilain abat-jour .

Ta seule certitude est cette solitude qui va qui vient comme une étoile tonitruante, que les scientifiques ont depuis longtemps répertoriée car elle est toute seule au beau milieu du ciel ; elle a beau briller , aucune autre s’en approche.

::::::::::: .

2

Quelle désolation vestimentaire :

des élastiques usés qui pètent

des trous trop grands

des boutons partis, perdus

des fermetures béantes

des pantalons à bout , lustrés

des joggings de misère

Et pourtant , je partage sa vie .

On dit bien qu’un chagrin se partage comme un caleçon lustré ,

mais que savent-ils de l’amour maternel ?

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