Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre entre Dürer et Théophile Gauthier : La Melencolia I

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Page 15 de l' Avant-Propos de 1989 de Raymond Klibansky(1905-2005) dans le livre Saturne et la Mélancolie édité chez Gallimard

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De ce livre devenu presque légendaire, on ne sait ce qui, aujourd'hui, contribue davantage au prestige : l'intense et sombre rayonnement du sujet, qui plonge au plus profond de la civilisation occidentale et du cœur humain ; l'envergure chronologique et géographique de l'étude ; l'ampleur et la richesse d'analyse qui en font le monument le plus accompli de la méthode iconologique de E. Panofsky, laquelle consiste à déchiffrer la signification d'une œuvre d'art par l'exploration historique et culturelle de ses formes : la constellation des trois auteurs aux noms illustres dont le concours donne un sommet d'érudition dans des domaines aussi divers que la médecine, l'astrologie, la poésie, la métaphysique, sans même parler des arts visuels.

Ou bien encore l'histoire du livre qui résume à elle seule celle du XXe siècle. Ses origines remontent en effet à 1923, l'année du putsch de Hitler à Munich, avec la publication par Panofsky et fr. Saxl de Durers "Melencolia 1".Le livre étant épuisé, les deux historiens d'art s'adjoignirent, dans le cadre de la bibliothèque de Warburg, la collaboration de R. Klibansky, spécialiste de le philosophie antique et médiévale.

L'arrivée de Hitler au pouvoir, l'exil obligé des auteurs interrompirent le travail. Puis vint le bombardement de Hambourg qui détruisit l'original allemand de l'ouvrage prêt à sortir dans l'été 1939. La version anglaise, autrement dit le nouvel original, ne put paraître qu'en 1964. Elle comprend quatre parties.

La première, "La notion de mélancolie et son évolution historique", traite de la mélancolie dans la littérature physiologique des Anciens et dans la médecine, la science et la philosophie du Moyen-Age.

La deuxième, "Saturne, astre de la mélancolie", étudie l'idée et l'image de Saturne dans la tradition littéraire et picturale.

La troisième partie est consacrée à la Melancholia generosa des florentins du Quattrocento.

La quatrième enfin s'occupe de Dürer, de sa mystérieuse gravure et de sa longue postérité.

La traduction française, prévue depuis des années, a été elle-même retardée par la perte de l'illustration d'origine, qu'il a fallu reconstituer. Les ultimes compléments de R. Klibanskyn en font une édition définitive.

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Commentaire figurant sur le site « Babelio »:

"La dernière partie est un pur plaisir. Elle est consacrée à une gravure sur cuivre d'Albrecht Dürer : « Melancholia I ». Cette oeuvre d'une richesse symbolique exceptionnelle a été l'objet d'un nombre considérable d'études, dont celle-ci par Saxl et Panofsky, par ailleurs, responsable d'une biographie de Dürer. Autour d'une créature ailée, nous trouvons une multitude d'objets (roue, sablier, outils) et de signes, au sens caché. Il y a même un carré magique tracé sur le mur du fond, sorte de défi aux amateurs de mathématiques. Nous sommes là devant le climax de l'ouvrage. Cette étude date de 1923 et elle fut à l'origine des deux autres parties. En effet, son exemplaire étude iconologique nous démontre que cette image, datant De La Renaissance (1514), est saturée de sens : une sorte de rébus, d'énigme pour lettrés intellectuels ayant en leur possession les clefs de sa compréhension."

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