Encrier 87

Textes de la 9° semaine de confinement Textes de Magali(jeudi) du 5&8 mai

10

le chagrin se partage comme un caleçon lustré

Juste une envie . Il est 19 H . Le soleil donne . La rue est calme . Les mouches se miroitent le long des vitres . Pourquoi ? Pourquoi quand t’as tout nettoyé , tu trouves encore des traces , des poussières . Des heures à astiquer , rassembler les chiffons sales , eux aussi auront leur heure . Pour l’instant , le propre semble dominer . Un peu puisque une fois assise , tu les vois les défauts , les histoires pas régler . A fond , tout mettre en ordre une bonne fois pour toute à fond . Lessiver l’extérieur , il reste la cour …

Pour l’instant poser . Se reposer . Profiter de l’effort qui a été donné et regarder le ciel , un instant . Se prendre pour un nuage et diffuser son corps , comme ça , par ci , par là . Fondre dans le bleu , s’étendre , se rapprocher , disparaître , comme un film enchaîner les images , les photos et prendre une cigarette pour mieux se rapprocher . Faire comme si , faire pareil . Des ronds de la fumée , de l’air en condensé , en visible , empli de soi envers les autres . Ah les autres ! Les voisins qui me regardent , les collègues que je ne connais pas . Bien sur il y a Jeremy qu’aime le café , Nathalie préfère le thé et le boss lui , il boit jamais . Pense à samedi , oubli . 8 h de sommeil , 2 h pour me préparer , 7 H de trajet ; ah il reste les pauses et voilà ma journée . J’arrive le soir . Je récupère mes clics et hop je file .

Dans le sac des vêtements récupérés , il y a un truc de mec moderne un caleçon moche , comme tous les caleçons . Le genre de short qui aurait mal tourné . Dieu qu’ils étaient beaux ceux avec les formes arrondis tout près des cuisses , tout haut de style pour les corps de fouteux du siècle dernier . Celui là n’a rien de sportif ni de charme ni de sexe il est tout hors beauté . C’est certain il finira avec délice comme écran à lustrer les dernières bottines que je viens de m’acheter .

::::::::

11

la clarté tance comme un bureau sauvage

Je les ai donné . Un quart de siècle , à la louche . Tu me crois pas tu doutes ? Vas – y ouvre excel si tu oses les chiffres bout à bout . Les secondes une à une à transpirer sur un fauteuil classique dans cette ambiance à concentrer les plus les moins.

L’actif reprends du cours , le passif va s’essuyer . OK reprendre un à un pour en faire un équilibre à jambes cassées . Je maîtrise . Plus y a de chiffres plus faut éluberler , élire et leurrer ; les notes et les sévices de ce foutu bordel des dépenses inavouées . Tu piges ?

Rien d’autre que de cadenasser , ses emprises aux délices dans un monde formaté . Y’a les besoins fictifs , les surplus , indispensables à un égo à réguler , les besoins formatifs pour convaincre séduire ou corrompre à souhait et les autres . Ceux de la vie courante . Les loyers trop chers les emplois , les salaires car même si ils sont au final un point trop au dessous des nécessaires indispensables , ils restent des misères face aux somptueux de l’affaire . Bon il est où le problème ?

Bah ton produit , tu sais , il est peut être H.S. , périmé .

Tu te moques des ancêtres , d’où tu sais d’où t’arrive d’où tu parles ? Tais toi avant que le sévice ne te fonde en demandeur d’emploi .

OK je ferme ce que je sais , ce que j’entends , ce que je vois . Encore deux années et de toute manière je m’en va . L’entreprise que le père a construit de pas à pas , tourne à la dérive parce que il y a beaucoup , beaucoup trop de pourquoi . Le fils fier et assis s’est jamais dit : « le bonheur j’y crois pas » .

Il était là . Par un nom , par un fond , par la force des bras , que son père avait eu par les tripes qui l’ont eu , un hiver en pays niçois .

Lui , avait repris l ‘affaire , tranquille . Sur le produit ? Il s’en importe plus , n’importe quoi .

Sauf que voilà , le voilà , le « con en soi » , ce virus que du mal tu répands et qui revient à toi

. Tu le piges maintenant le lien entre toi et toi ?

Alors toi qui sais, je t ‘en prie , explique moi .

Dans un puits y’a une corde . Parfois elle est trop courte . Le puits lui il ne bouge pas .

::::::::

12

le moment s' éparpille comme une lampe idiote

Le soleil se couche . La lune est partie . Le noir pénètre mes ombres démunies . Les volets clos me renvoient à des mystères , des fulgurances de l’esprit où clos , les humeurs tressaillent de fantômes.

Vais – je t’appeler pour donner corps à mon spleen ?

Ce serai si facile si à l’inverse , je l’entendais ce dring . Quelle heure est -il ? La nuit se tombe dans mes lugubres drinks , ça fait déjà trois heures que je succombes au paraître au facile de pourvoir , mais mes yeux me fatiguent . Qu’est-ce qui me retient ? Qu’est-ce qui me tient ?

Un avenir à devenir fertile ? Je ne crois plus en rien , pour une fois mes armes rendent leurs billes . Les questions ont eu foi en une vision docile mais les nouvelles ont eu raison de mes barrières hostiles .

Voilà ni pleurs , ni danse . Je ne comprends plus rien . J’ai le tout devant moi , la lumière même en spot si je veux et pourtant , la musique n’enchante rien . Vais-je enfin dormir , forte de serrer dans mes mains , mes élèves que j’admire et dont on m’interdit le lien .

J’étouffe en ce jour de libération . Mes copains copines allemandes ont eux dans leur cœur un peu plus que du mien , mais depuis la grande épreuve , je frémis pour une fois pour les miens . La peur gagne mes sueurs , surtout celle d’être utile à rien . Mes sœurs donnent de leurs cœur à subvenir aux besoins , mes frères font de leur labeur un ultime « hein on tient ! »

Vers qui je dirige mes années de insubmersible . Mes ostensibles facilités de faire d’un rayon un train . A quoi marche la machine , de quoi se nourrit le train train ? Des fois une led est beaucoup plus limpide que les miasmes de mon destin .

Commentaires 4

  • RUSSELOUP

    Oui. Pourtant nos corps agrippés aux bustes, aux fesses, aux poils, conservent un peu de ce sel: faire le tri sans le grand ménage. Bien à toi.

    RUSSELOUP

  • Alpico

    Lutter contre l'entropie

    Prendre le temps de rêver

    Assurer le quotidien

    Alpico

  • RUSSELOUP

    11

    et si personne ne savait avant que d'avoir vu la vie. le puits est là avec l'écriture qui tisse la corde de ta vie, l'arc sans cadenas. C'est ici, maintenant, dans cette pause qui se pose. C'est déjà là, suffisant à vivre. Mon cœur est reliée à toi dans les traces vivantes de toi.

    RUSSELOUP

  • Alpico

    11
    Eh oui , être attentif à l'évolution .
    Rien n'est jamais acquis définitivement
    Vigilance pour ne pas se laisser surprendre
    Les farces et attrapes ont-elles un avenir assuré ?

    Alpico

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.