Encrier 87

Textes de la 2°semaine de confinement Texte de Frédérique du 31 mars : Il est bientôt, ce passé

Il est bientôt, ce passé

Bientôt, à l’instant du soleil tombant, au moment de la lune croissante, la moiteur de l’herbe laissera les corps allongés dans l’été, frissonnants et heureux de la tiédeur végétale, imprégnée dans le tissu de leur peau.

L’été sonne un éveil enjoué ; au-delà de la morsure de la chaleur éreintante, la saison résonne de lenteurs et de silences, mus par la ritournelle de la nature vacante. L’air du langage se joue des formes et des masques. Du sable blanc maculé de sanglots rougis par la tauromachie, une cicatrice à cornes ondoie, dure à la peau, frémissante au cœur.

La saison avant, Carnaval s’imposait en un virus corné, l’enfermement. Le clochard errant dit la vie : « c’est comme si c’était la guerre ». L’errement puissant pirouette « nous sommes en guerre ». Aux sièges, l’économie des foyers, paniers vides apeuraient. La cordée se déployait cahin-caha, de chemins de traverse en pierres luminescentes. De ce temps où les applaudissements aux balcons cherchaient l’écho de la place publique, certains cris déchiraient nos corps en lambeaux. Le confinement du temps est le confident accueillant nos visages.

Dans le puits d’amour, ruisselle à nos pieds une eau limpide et glacée. Les têtards se ventousent à nos talons. Hercule en rougit. En cet instant, le dictionnaire d’un passage s’ouvre d’amour.

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