Association Encrier - Poésies

Rencontre avec des Troubadours Rencontre avec Guillaume IX d'Aquitaine(1071-1126) : Chanson VII- Puisque nous voyons de nouveau fleurir

Chanson VII

Pus vezem de novelh florir

Pus vezem de novelh florir

Pratz e vergiers reverdezir,

Rius e fontanas esclarzir,

Auras e vens,

Ben deu quascus lo joy jauzir

Don es jauzens.


Puisque nous voyons de nouveau fleurir

Les prés et refleurir les vergers,

Les ruisseaux et les sources couler plus clair,

Les brises et les vents "tiédir",

Chacun doit bien savourer la joie

Dont il jouit.


D'Amor non dey dire mas be.

Quar no n'ai ni petit ni re ?

Quar ben leu plus no m'en cove;

Pero leunens

Dona gran joy qui be'n mante

Los aizimens.


D'amour je ne puis dire que du bien,

Pourquoi n'en ai-je que si peu, voire rien du tout?

C'est que sans doute, je n'ai pas droit à plus;

Pourtant sans peine

Il donne grand'joie à qui sait maintenir

Ses convenances.


A totz jorns m'es pres enaissi

Qu'anc d'àquo qu'àmiey no jauzi,

Ni o faray ni anc no fi.

Qu'az esciens

Fas mantas res que 'l cor me di:

"Tot es niens."


Toujours a été mon lot

Que de ce que j'aimais je ne jouissais pas,

Et je n'y parviendrai n'y parvint jamais.

Si bien qu'en toute conscience,

Je fais maintes choses tandis que mon coeur me dit:

"Tout est vain"


Per tal n'ai meyns de bon saber

Quar vuelh so que no puesc aver,

E si l reproviers me ditz ver

Certanamens:

"A bon coatge bon poder,

Qui's ben suffrens."


Si j'en ai moins profit que d'autres,

C'est que je veux ce que je ne puis avoir,

Bien que le proverbe dise vrai

De façon sûre:

"Volonté bonne, bon pouvoir

Pour qui sait patienter."


Ja no sera nuils hom ben fis

Contr' Amor si non l'es aclis,

Et als estranhs et als vezis

Non es consens,

Et a totz sels d'aicels aizis

Obediens.


Aucun homme ne sera jamais un vrai fidèle

D'Amour s'il ne lui est soumis,

Et si, aux étrangers comme aux proches,

Il n'est complaisant,

Et à tous ceux de ce séjour

Obéissant .


Obediensa deu portar

A motas gens qui vol amar,

E coven li que sapcha far

Faigz avinens,

E que's gart en cort de parlar

Vilanamens.


Il doit vouer obédience

À beaucoup, qui veut aimer,

Et il convient qu'il sache faire

Des actes qui plaisent,

Et qu'il se garde en cour de parler

Vilainement.


Del vers vos dig que mais en vau

Qui ben l'enten ni plus l'esgau,

Que'l mot son fag tug per egau

Comonalmens,

E 'l sonet, qu'ieu mezei me 'n lau,

Bos e valens.


De cette chanson, je vous dis qu'il en faut plus,

Qui la saisit bien et sait la déguster,

Car le texte est bien raboté

De manière égale

Et la musique, moi-même je m'en vante,

En est bonne et de qualité .


A Narbona, mas ieu no 'i vau

Sia'l presens

Mos vers, e vuelh que d'aquest lau'

M sia guirens.


À Narbonne, mais moi je n'y vais pas,

Que lui soit présentée

Ma chanson, et je veux que de cet éloge

Elle me soit garante.


Mon Esteve, mas ieu no 'i vau

Sia'l presens

Mos vers, e vuelh que d'aquest lau

Sia guirens.


À mon Estève, mais moi je ne vais pas vers lui,

Que soit présentée

Ma chanson, et je veux que de cet éloge

Elle soit garante.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.