Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Oscar Milosz : Et surtout que

Écoutez Vincent Planchon

Et surtout que...

    Et surtout que Demain n’apprenne pas où je suis —


Les bois, les bois sont pleins de baies noires —


Ta voix est comme un son de lune dans le vieux puits


Où l’écho, l’écho de juin vient boire.

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Et que nul ne prononce mon nom là-bas, en rêve,


Les temps, les temps sont bien accomplis —


Comme un tout petit arbre souffrant de prime sève


Est ta blancheur en robe sans pli.

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Et que les ronces se referment derrière nous,


Car j’ai peur, car j’ai peur du retour.


Les grandes fleurs blanches caressent tes doux genoux


Et l’ombre, et l’ombre est pâle d’amour.

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Et ne dis pas à l’eau de la forêt qui je suis ;


Mon nom, mon nom est tellement mort.


Tes yeux ont la couleur des jeunes pluies,


Des jeunes pluies sur l’étang qui dort.

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Et ne raconte rien au vent du vieux cimetière.


Il pourrait m’ordonner de le suivre.


Ta chevelure sent l’été, la lune et la terre.


Il faut vivre, vivre, rien que vivre...

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