Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Claude Lévi-Strauss : Présentation du livre Soleil Hopi

Quelques explications sur Soleil Hopi :

En 1959 , dans la collection Terre Humaine chez Plon est paru "Soleil Hopi", autobiographie de l'Indien Hopi Don C.Talayesva , avec une préface de Claude Lévi-Strauss:

soleil_hopi.jpg

ICILevi-Strauss présente ce livre (vidéo de l'INA)

Écoutez Claude Lcvi-Strauss présentant le livre Soleil Hopi (son de la vidéo)

Dans ce livre , des poupées Katcinas sont reproduites :

poupees_kachina_2.jpg

Sottsass avait un ami designer new-yorkais George Nelson possédant de telles poupées . Un jour l'inconscient de Sottsass les rappelle à sa mémoire :" J'ai alors dessiné sept Kachinas pour moi-même : le crayon Kachina , l'enfant Kachina , l'ange Kachina , la maison Kachina , la Kachina solitaire, le terrifiant pouvoir Kachina , l'eau Kachina."

Avant sa disparition en 2007 , Sottsass autorise le CIRVA (Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques et l'atelier Van Tetterode à Amsterdam à produire ces oeuvres . (d'après Alexandre Crochet, Le Quotidien de l'Art No 14 24/10/2011 ).

Malheureusement ,il n'a pas été donné de noms aux oeuvres réalisées mais des numéros .


Pour plus d'explications sur les Kachinas , on peut consulter le site d'une enseignante de Strasbourg , qui a organisé une exposition en juin 2013 sur les Indiens Hopis et leurs Kachinas : Soleil Hopi

J'extrais de son site le texte suivant :

"Les poupées kachina sont des objets sacrés pour les indiens, leur portée spirituelle est intacte. Encore maintenant,elles représentent le lien qui les unit à la terre. Ces poupées , recherchées par les collectionneurs, auraient pu devenir des objets commerciaux, des gadgets. Ce n’est pas le cas : elles n’ont pas été trop galvaudées et conservent leur fonction initiale. En France, ce sont les surréalistes qui les ont fait connaître, André Breton notamment. Depuis toujours, les indiens hopi vénèrent les esprits katsina (ou kachina). Lors de rituels dansés, ils revêtent ainsi certains de leurs attributs et les invoquent pour s’attirer leurs bonnes grâces : Fertilité du sol, Pluie, Protection, etc. Il y aurait plus de 400 kachinas dans la cosmologie hopi. Ces esprits régissent toute la vie de la communauté et sont, encore aujourd’hui, régulièrement consultés….et leurs représentations : les poupées hopi Des poupées de bois peintes de vives couleurs, également nommées kachinas et représentant les danseurs sont offertes aux enfants, à l’issue de fêtes, pour qu’ils se familiarisent avec ce monde occulte quelque peu effrayant."

On trouve aussi sur ce site une série de photos de l'association d'aide aux indiens hopis "hopioutreach".

J'en extrais une : celle de la collection de Kachinas de Mike Sweet fondateur de cette association .

collection_de_Kachinas_de_Mike_Sweet___fondatuer_de_hopi_outreach.jpg

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A l'occasion du rappel de ce texte sur les katsina , je place ici des extraits d'un article du journal "Le Monde" du 10/6/2015 :

Des ethnologues dénoncent la vente des objets cultuels des Indiens Hopi

Extraits ;

"La vente d’une centaine de katsinam des Indiens Hopi d’Arizona, à Drouot en avril 2013, juin et décembre 2014 et ce mercredi 10 juin a naturellement été un choc pour tous ceux qui connaissent cette tribu et sa culture vivante. Les protestations de tout un peuple à travers son chairman, l’appel répété de l’ambassadeur des Etats-Unis en France, les explications des ethnologues ou encore le référé déposé par Survival International et son avocat, Me Pierre Servan-Schreiber, en avril 2013, auront été vains. Vain également le déplacement à Paris, en décembre 2014 de Mme Humetewa, première juge fédérale d’origine hopi, qui s’est entretenue à ce sujet avec Mme Taubira, ministre de la justice .

La culture des Hopi, petit peuple de 18 000 âmes vivant en Arizona, est encore remarquablement vive même si leur cycle cérémoniel, jadis d’une grande richesse ne demeure complet qu’en un seul village. Un culte pourtant résiste, il a toujours été essentiel à leurs croyances et à leurs pratiques. Il se confond maintenant avec leur existence et constitue ce qu’ils ont de plus « précieux ». Ce sont les katsinam : des danseurs portant des « masques ».

Ces katsinam président à l’initiation des jeunes et doivent absolument demeurer cachés le reste du temps. Ils ne peuvent bien sûr être photographiés, ni dessinés sur place ni, a fortiori, cédés ou vendus. Ils accompagneront chaque individu tout au long de sa vie tissant à travers le temps et l’espace un lien entre les générations. Car les katsinam ont plusieurs dimensions : ce sont les âmes des morts qui reviennent danser avec leurs descendants aux villages à la saison des cultures ; ce sont les nuages qui portent la pluie, la vie, en ces contrées désertiques et, par extension, ce sont les figures diverses de la réalité : animaux, plantes, astres, etc.

Ils permettent, selon les Hopi, le renouveau annuel, malgré la précarité de leur condition. Enfant, un Hopi reçoit des katsinam eux-mêmes des poupées les représentant. Il saura ainsi les reconnaître puis apprendra, à terme, que ces personnages généreux sont en fait ses oncles et pères mais que, lors des danses, les katsinam les revêtent d’une identité ambiguë, essentielle et intime. A sa mort, le visage recouvert d’un masque de coton, il deviendra à son tour nuage…

Patrick Perez (Ethnologue, enseignant-chercheur à l’Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse (ENSAT))

Gilles Colin (Doctorant en ethnologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS))

Jean-Patrick Razon (Ethnologue, Survival International France)

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