Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Le Mammouth Jarkov : Bernard Buigues-Sur la piste du mammouth

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Extraits de Sibérie de Olivier ROLINédité en 2016 chez Verdier

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Paléontologie - Un mammouth exhumé en Sibérie Jarkov 20.380 ans

Indications sur sa vie, sa mort, son environnement : grâce à sa conservation, «Jarkov», le mammouth exhumé dimanche du sol gelé de l’extrême nord de la Sibérie, est plein de promesses scientifiques inédites, ont souligné à Paris les responsables de l’expédition Mammuthus, à l’origine de cet exploit. À la question désormais classique, qui revient depuis la première tentative de «ressusciter» un pachyderme préhistorique, faite il y a une vingtaine d’années à partir de cellules d’un jeune mammouth surnommé Dima, les scientifiques ont écarté cette possibilité dans un proche avenir. «Mais dans dix ou vingt ans, sinon plus tard encore, a admis le paléontologue néerlandais Dick Moll, du Muséum national d’histoire naturelle de Rotterdam, la biologie moléculaire arrivera peut-être à surmonter les obstacles qui l’interdisent jusqu’à présent». D’abord, il faut pouvoir extraire, de la moelle, des os ou des matières molles de la carcasse, des cellules bien préservées qui permettraient une «lecture» plus complète de l’ADN (acide désoxyribonucléique, support de l’hérédité), a renchéri Yves Coppens, professeur au Collège de France. Le chercheur français, connu aujourd’hui surtout pour ses travaux sur les ancêtres de l’homme, mais qui avait commencé sa carrière en étudiant les mammouths, s’est également montré sceptique quant à savoir s’il était envisageable de procéder à l’insémination artificielle d’une «mère porteuse» éléphant avec du sperme du mammouth. «La réponse est : probablement non», a-t-il dit. Malgré sa proche parenté avec les éléphants d’Asie et d’Afrique d’aujourd’hui (ils sont tous issus d’un ancêtre commun, Primelephas, qui vivait voici cinq millions d’années), il est donc quasiment exclu que Jarkov, même décédé, à en croire le verdict des appareils de datation il y a 20 380 ans, ait encore de la descendance. Mais il n’en a pas moins un bel avenir devant lui. Premier mammouth à avoir été récupéré sans rupture de la chaîne du froid, emprisonné dans un immense bloc de permafrost (terre gelée) de 23 tonnes, Jarkov, qui porte le nom de son découvreur local, Guennadi Jarkov, se trouve désormais dans un «réfrigérateur» naturel creusé dans une falaise de la ville de Khatanga. «Emballé» dans son linceul de permafrost, il y passera tranquillement l’hiver polaire. «En avril prochain, a précisé le chef de l’expédition Mammuthus, Bernard Buigues, de l’association Cercles polaires expéditions, Jarkov sera attaqué à coups de... sèche-cheveux pour dégeler d’une manière douce sa gangue protectrice et accéder à son précieux contenu pour pouvoir commencer à l’étudier, à procéder précautionneusement à des prélèvements, à récupérer peut-être ses parasites, bref à trouver des indices sur ses heurs et ses malheurs».

(Article paru le 25/10/1999 dans le journal libanais L’Orient-Le Jour)

Lire l'article de Wikipédia sur Jarkov : ICI

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Article du 9/2/2001 paru dans Sciences et Avenir

Le mammouth Jarkov livre ses secrets au compte-gouttes. Centimètre par centimètre, les scientifiques tentent de faire fondre la couche de sol gelé qui entoure ce mammouth laineux. Il y a 20.000 ans, Jarkov parcourait les steppes du Grand Nord sibérien, situées dans l’actuelle presqu’île de Taymir. Il est mort à l’âge de 47 ans, sans doute accidentellement, selon les chercheurs. Arraché du pergélisol en octobre 1999 par l’expédition de Bernard Buigues, le mammouth a été transporté dans sa gangue de glace jusqu’à une grotte, à Khatanga. C’est là qu’une équipe internationale de scientifiques tentent de le faire ‘’parler’’. En analysant des mousses, des graines, des champignons, des fleurs ou du pollen piégés dans la glace, le Hollandais Bas van Geel, de l'Université d'Amsterdam, a découvert que Jarkov vivait dans une steppe herbeuse, parsemée de petites fleurs du type Artemisia. Il allait sans doute se désaltérer à un point d’eau, comme le révèle la présence d’algues dans la gangue de glace. Le bon état de conservation de ces végétaux suggèrent qu’ils ont été rapidement recouverts par des sédiments, peut-être lors d’un glissement de terrain. D’ailleurs, selon le paléontologue américain Daniel Fisher, Jarkov est mort alors qu’il était en bonne santé. Le chercheur du Michigan a pu faire ce diagnostic en analysant les anneaux de croissance des défenses du mammouth. L’analyse chimique indique les changements de composition en fonction de l’alimentation, du climat ou du sol. Les variations saisonnières signifient que le mammouth se déplaçait régulièrement entre le nord, où la nourriture est plus abondante en été, et le sud, plus clément en hiver.

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Lien vers une vidéo dans laquelle Yves Coppens parle de l'expédition : ICI

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