Encrier 87

Textes des ateliers d'avril et de mai Texte de Settimio - -Jeu 1 lié à l'atelier du 29 avril

"La barque fragile tangue sur la mer agitée."

Mon corps fragile a tangué sur ma vie agitée. Il ne tangue plus, il ne tanguera plus, car ce matin, je suis mort.

Mon corps de cristal a fini par céder, il a éclaté en mille morceaux, fatigué d'en avoir tant emmagasiné pendant toutes ces années. J'en ai pourtant pris soin jusqu'au bout. J'ai mené une vie de guerrier ; j'ai combattu, lutté avec force et persévérance contre cette putain de chiure de merde de maladie. J'ai passé des heures, des jours, des mois en milieu hospitalier, j'ai supporté des traitements très lourds mais soi-disant essentiels, j'ai avalé des wagons de médicaments, je me suis farci des milliers de piqûres, j'ai subi des tonnes d'examens désagréables, j'ai visité maintes fois les salles opératoires, les salles de réveil. J'ai souffert en silence, je suis resté solitaire dans la douleur, j'en ai bavé pour réussir à m'alimenter et, restreint en boissons, j'ai crevé de soif. Je suis resté trop souvent alité à ne pas pouvoir bouger, trop faible, fixant les murs de ces chambres sans âme et mon lit a empesté l'insomnie. J'ai encaissé des défaites insupportables, j'ai eu des moments de doute, des coups de blues, j'ai été submergé par des océans de larmes, j'ai eu des moments d'espoir où mon énergie m'enveloppait à nouveau et me sortait de ma prison de chair. J'ai traîné ma carcasse en mauvais état sans jamais baisser les bras malgré mes périodes de moral à zéro. Mais je me suis abimé dans ma maladie qui ne dormait jamais, mon carburant s'est consumé à petit feu.

Quand le corps ne peut plus, ne veut plus, il lâche ! C'est ainsi, il faut l'accepter !

Ce matin, je suis mort. C'est le sort de tout être humain, alors pas de quoi en faire tout un fromage ! Je vais enfin reposer en paix, moi qui ne l'ai jamais connue...!!!

Commentaires 2

  • Magali du jeudi

    merci de lâcher ces maux par tes mots enfin libérés du silence trop souvent imposé sur ce thème

    Magali du jeudi

  • Lilah

    Pour moi, celui qui part ne nous abandonne pas, il est allé au bout de son chemin; à chacun de nous après, pour mieux vivre, de lire la trace de son passage, de ses combats.

    Magnifique, merci.

    Lilah

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