Encrier 87

Textes des ateliers virtuels de 2021 Texte de Daniel du 2 mars : une affaire de famille -Jeu 4

Depuis la rentrée c'étaient les quotidiens d'une classe de première-mixte, celle de Michaël et de son ainée d'un quart d'heure, sa soeur Maggy. Ils obtenaient des notes acceptables. Pour Maggy en philo et anglais. Jumeaux-dizygotes ils n'avaient pas de traits communs, pas de ressemblance...Michaël était le réplicant de son père, Maggy l'était de sa mère. Michaël était surtout excellent en... foot, populaire au sein du lycée avec la gloire d'avoir convaincu le prof de sports de monter une équipe de Football-Association. Maggy, passionnée par la photographie, depuis ses dix ans, participait activement à la vie du Photo-Club de leur lycée.

A la fin de l'année précédente leur prof de philo, prévoyant la rentrée future, leur donna un travail d'été qui serait leur première note à la rentrée. Sujet, abscons et vertigineux à la fois, d'un philosophe inconnu et destiné à le rester.

"Ne pas prendre au sérieux ce qui l'est, mais bien ce qui ne l'est pas..."

Les vacances, comme toujours, serait une immersion linguistique en Grande- Bretagne. Leur père ayant la double nationalité pouvait-il en être autrement? Cette fois ce serait un mois de marche avec un club de randonneurs en kilts de Glasgow le long du mur d'Hadrien. Côté nord et côté sud, de la Tyne à Solway-Firth, aller-retour. Des nuits dans des granges avec des moutons et des repas frugaux en plein-air. A l'arrivée, un séjour d'une semaine, dans un gîte/cosy, était prévu. On y pratiquait, en équipe, le tir à la corde tous les après-midi.

Maggy pensait avoir le temps voulu pour réfléchir à "leur" sujet de philo et aussi, et surtout, d'étrenner son nouvel appareil, un Olympus-Mark III. Michaël, lui, comptait sur leur complicité gémellaire pour "pomper", au retour du séjour, le travail de réflexion de sa soeur...



A la rentrée de leur classe mixte, leur prof principale proposa d'organiser un travail collectif, aboutissant en juin. Les vacances, on le sait, sont propices aux reportages photos. A la première réunion pour définir le sujet à travailler, les garçons laissèrent la parole aux filles, espérant les voir prendre l'essentiel du projet à leur charge et, ainsi, ne pas trop en faire...

Michaël vota des deux mains pour la proposition de sa jumelle, construite sur les travaux photo restant à découvrir (surtout ceux de Maggy...)

Ces safaris-photos permettent, toujours, de rapporter un stock appréciable de clichés axés, en général, sur la nature et ses beautés. Les filles, sans surprise, avaient rapporté des collections par thème : la forêt, les eaux, les ciels, la végétation et les couchers de soleil sur les collines. Les garçons c'était les bateaux, les ports, les autos, les avions et aussi des modèles, saisis au vol, en croisant des beautés locales... . Elles demandèrent à leur principale le sujet à exploiter pour l'expo. Il fallait tirer, choisir et éliminer. En salle des profs, sous l'influence de la prof de philo et avec l'appui des profs d'anglais, Mrs Stroop et Mr Rorschach, il fut décidé de faire travailler les filles sur un thème particulier à partir de leurs clichés. Seule Maggy connaissait le sens précis de ce mot curieux (en anglais : paréidolia) qu'elle expliqua devant une classe de philosophie ébahie...

La paréidolie est opposable, en tant que perception, à la prosopagnosie. Elle relève autant de la philosophie que de la poésie, et c'est en éditant son stock de clichés d'été qu'elle vit apparaitre des images cryptées, saisies par le hasard, inconsciemment. Elles révélèrent des choses étranges, des visages, et des physionomies figées, des profils regardant le passé, des regards scrutant des avenirs improbables, des éternités géologiques gardiennes de secrets oubliés quand les Temps étaient jeunes et que les légions, tenant "Vallum Pictorum" attendaient les "barbares"...

L'exposition de fin d'année fut réussie. Les familles y furent conviées 'off course'. Mais ici parlons, un peu, de la famille Thursday. Celle de Maggy et Mickaël. Leur père est Anglais, c'est Peter Thursday, son épouse Marie-Anne est française, et leurs enfants, les faux jumeaux. Maggy est le petit nom affectueux de Magaly, prénom choisi par sa mère.

Magaly Thursday ça sonne bien, n'est-il pas ? Peter aimait à rappeler que, dans la mythologie nordique, c'était le jour dédié à Thor, dieu du tonnerre....

N.B. : le devoir d'été de philo ne fut un succès pour personne...leur gémellité leur permit de s'entendre pour partir d' expressions, drolatiques , mais insuffisantes pour remplir deux A4 recto-verso : "toute vérité est double comme tout plaisir partagé l'est." ainsi que " les gens sérieux existent-ils ? n'y aurait-il que des gens se prenant au sérieux ? " pour le moins le ton y était, non ?

Commentaires 1

  • Magali du jeudi

    Merci pour les références multiples que tu abordes et bravo de lier une recherche et un savoir faire intello simplo enrichisismique créa nouvelo écrivo gustatif de lecture évidemment !

    Magali du jeudi

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