Encrier 87

Textes de la 6° semaine de confinement Texte de Magali(samedi) du 22 avril

Un vent coulis soufflait dans les rues désertes. Dans un ciel aussi bas que morne, des corbeaux filaient en croassant, semblant vouloir fuir les lieux du drame. Des bris de céramiques, débris de vie, jonchaient le sol des cuisines.

Bientôt l’aurore poindrait, les rescapés viendraient fouiller les vestiges fumants de ce qui avait été leur village afin de récupérer ce que le feu n’avait pu dévorer.

On pleurerait les disparus. Et, malgré les souvenirs perdus, malgré les blessures encore vives, malgré le deuil, la vie reprendra. On bâtira, à distance de là, un nouveau village.

Des enfants naîtront, les anciens leur transmettront. Les enfants des enfants auront à leur tour des enfants, qui viendront jouer dans les herbes folles et se feront parfois piquer par les hautes orties. Ils se feront des souvenirs joyeux dans ces drôles de ruines malgré les recommandations de prudence de leurs parents.

La vie reviendra sur ces lieux désertés car malgré tout, la vie est persistante.

Commentaires 2

  • anonyme

    Pour moi , c'est un texte à la fois dur mais aussi plein d'espoir , de vie , mot répété 4 fois et présent depuis le début pour affirmer que la vie est plus forte que tout et qu'elle attend , même dans les pires moments . J'aime le passage de l'imparfait au futur du passé puis au vrai futur ,ce temps de la certitude
    Merci Magali pour ce bel écrit tellement actuel .

    anonyme

  • frédérique brard

    les piqûres d'ortie, quel souvenir agréable aussi bizarre que cela puisse paraître, ça me rappelle les ballades en forêt et dans la nature, l'enfance. Et je me sens rassurée d'entendre la vie comme persistante.

    frédérique brard

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