Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Tadeusz Kantor (1915-1990): La classe morte

De l'objet au théâtre.jpg

Extrait d'un commentaire sur "la classe morte" par Fabienne Darge dans "Le Monde " d'août 2013 :

De vieux bancs d'école usés, un tas de livres desséchés qui tombent en poussière, des vieillards comme des somnambules aux gestes d'automates, portant sur leur dos de grands mannequins, comme les fantômes de leur enfance - et la mort qui rôde, sous la forme d'une femme de ménage affairée, à l'allure louche de créature de bouge des années 1930... Peu d'images de théâtre se sont inscrites de manière aussi intime et ineffaçable que celles de La Classe morte, de Tadeusz Kantor, dans la mémoire de ceux qui ont vu ce spectacle mythique. Pour tous, ce fut un "choc", comme le dit par exemple la plasticienne Sophie Calle, qui était dans la salle du Théâtre de Chaillot, en cette mi-octobre 1977, quand le spectacle est venu à Paris dans le cadre du Festival d'automne, après avoir été montré au Festival de Nancy. "Un choc", disent aussi des metteurs en scène de la trempe de Peter Brook ou de Claude Régy. "Vous pouvez difficilement imaginer la réception du spectacle lors de ces premières représentations françaises, raconte Michelle Kokosowski, qui était alors programmatrice au Festival de Nancy, dirigé par Jack Lang, et à qui l'on doit la découverte de l'artiste polonais en France. Certaines personnes pleuraient, d'autres riaient et pleuraient à la fois. A la fin du spectacle, les gens ne partaient pas, ne parlaient pas, ils étaient comme en une sorte de rêve éveillé. Quant aux professionnels, ils ont immédiatement eu le sentiment de se trouver face à une oeuvre révolutionnaire…

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"TADEUSZ KANTOR
est né le 6 avril 1915 à Wielopole Skrzyńskie, bourgade perdue de la campagne polonaise intégrée à la Galicie autrichienne. Formé à l’École des beaux-arts de Cracovie, influencé par Dada et le constructivisme, il fonde en 1942 un théâtre clandestin et met en scène deux spectacles dans un appartement de Cracovie occupée.
Après les sombres années du réalisme socialiste, il crée en 1955, au moment du dégel, le théâtre Cricot 2 (anagramme de To Cyrk, «c’est le cirque»). Il monte des pièces qui se fondent sur les textes dramatiques de Witkiewicz, réalise parallèlement des happenings, cricotages, emballages et expositions, et ne cesse de s’engager sur de nouvelles voies de recherche. Il signe des spectacles devenus légendaires comme La Classe morte (1975) ou Wielopole Wielopole (1980), qui lui assurent une reconnaissance internationale.
Peintre, homme de théâtre, théoricien et poète, convaincu que l’art est plus important que la vie, il meurt le 8 décembre 1990, après une répétition de son dernier spectacle, Aujourd’hui c’est mon anniversaire. " (Publié en 2015 sur le site de l'IMEC) PUBLICATIONS
Les Solitaires Intempestifs publient trois volumes de textes de Tadeusz Kantor à l’occasion du centenaire de sa naissance : Ma Pauvre Chambre de l’Imagination. Kantor par lui-même ; Écrits I. Du théâtre clandestin au Théâtre de la Mort (avril 2015) ; Écrits II. De «Wielopole Wielopole» à la dernière répétition (parution juillet 2015).

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Mais dans ces ténèbres

je continue à bâtir mes cloisons, fenêtres, portes.

À nouveau !

Dans l’imagination.

Seulement l’imagination !

Et dans la solitude.

Quelle obstination !!!

Et la cheminée se dresse.

Comme le squelette de la maison !...

Il est déjà tard.

Il est sans doute temps de fermer

Ma Pauvre Chambre de l’Imagination. Tadeusz Kantor, 1990

extrait de Ma Pauvre Chambre de l’Imagination, Kantor par lui-même
traduction Marie-Thérèse Vido-Rzewuska, éditions Les Solitaires Intempestifs, 2015


Et voilà une vidéo de "La classe morte" , reconstitution de la pièce présentée en 1989 au Palais de Chaillot : durée 1h40 :

vidéo de "La classe morte"

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