Association Encrier - Poésies et quelques textes

Rencontre avec Borges : Laberinto-Labyrinthe

  Écoutez Tomas Galindo

                       LABERINTO

No habrá nunca una puerta. Estás adentro

y el alcázar abarca el universo

y no tiene ni anverso ni reverso

ni externo muro ni secreto centro.

No esperes que el rigor de tu camino

que tercamente se bifurca en otro,

que tercamente se bifurca en otro,

tendrá fin. Es de hierro tu destino

como tu juez. No aguardes la embestida

del toro que es un hombre y cuya extraña

forma plural da horror a la maraña

de interminable piedra entretejida.

No existe. Nada esperes. Ni siquiera

en el negro crepúsculo la fiera.

Jorge Luis Borges, Elogio de la sombra 1967-1969, in Obras Completas, Buenos Aires, Emecé Editores, 1989, vol. II, pág. 364.

                                                   LABYRINTHE

Il n’y a pas de porte. Tu y es


Et le château embrasse l’univers

Il ne contient ni avers ni revers


Ni mur extérieur ni centre secret.


N’attends pas de la rigueur du chemin


Qui, obstiné, bifurque dans un autre,


Qu’il ait une fin. De fer est ton destin

Comme ton juge. N’attends pas l’assaut


Du taureau qui est homme et dont, plurielle,


L’étrange forme est l’horreur du réseau

D’interminable pierre qui s’emmêle.


Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cette


Bête au noir crépuscule qui te guette.

Jorge Luis Borges, Éloge de l’ombre 1967-1969, in La Proximité de la mer, Une anthologie de 99 poèmes, Éditions Gallimard, Collection Du monde entier, 2010, page 85. Édité, préfacé et traduit de l’espagnol (Argentine) par Jacques Ancet.

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